Oui oui vous avez bien entendu. Alors mettons les pieds dans le plats. Un mot tabou ? Peut être bien. Et pourtant, un mot qui a besoin d’être posé. Sortons du politiquement correct. Le pire dans le viol physique (ou même psychique), c’est que l’être perd sa capacité à rester en lien avec lui même.

Pour continuer à vivre, au niveau psychique, il se passe une dissociation : je met de côté le vécu traumatique, pour continuer à exister, mais en faisant cela, je me coupe de moi, d’une partie de mon vécu, d’une fleur intérieure qui a été coupée, piétinée, foulée.
En jetant ce vécu, je jette également la possibilité de RESTAURER ma relation avec cette fleur, avec cette candeur, cette innocence.
Cette Innocence c’est l’essence de l’Être en soi, l’essence de la vie, regardez un bébé chat dans les yeux, un enfant; la joie, l’incandescence de tous les possibles brillent dans cette présence, comme une ode à la magie du vivant.

Avec le temps la puissance de ce vécu s’étiole, la grisaille peut parfois insidieusement s’infilter, mais ce vécu ne s’efface pas, il peut être nié, rejetté, mis de coté, mais restaurer la relation à cette fleur, c’est également faire face à ce vécu traumatique.
Paradoxalement pour me voir et voir la beauté et l’innocence en moi, je dois accueillir, la blessure, la fêlure, le désespoir.
Sache mon ami.e que quand tu accomplis ce travail, tu le fais également pour l’humanité entière, non seulement tu restaures ta capacité à être en lien plein et entier avec la globalité de qui tu es, mais également tu allumes un feu sacré en dedans, qui peut inspirer et insuffler les autres à faire de même, sans avoir quoi que ce soit à faire, par ta simple présence.

En essence ça dit : « je peux avoir vécu les pires atrocités, mais je ne peux être réduite à elles, je peux avoir été dans la nuit noire de l’âme, mais je ne peux être résumé à cela, car mon essence est plus vaste, plus profonde, plus inconditionnelle ! »
La question qui se pose est la suivante :
- oserai-je le réel ?
- oserai-je la douleur ?
- oserai-je l’incandescence ?
Attention, je ne dis pas que ce cheminement est facile, je ne dis pas qu’il peut être réduit à ces simples mots écrit confortablement derrière un écran d’ordinateur, je ne dis pas que l’intime de ce qui a été vécu peut être appréhendé par tout un chacun, car l’intimité de notre vécu nous est unique, il ne peut être comparé, évalué, sous-pesé.
Notre vécu est notre, il est notre pouvoir et notre fardeau, notre tremplin et notre épreuve, la solitude de ce chemin est aussi sa force : j’ai le pouvoir d’oser.
